La lutte contre la dénutrition est un cheval de bataille pour les équipes de la Villa. Selon la HAS, la dénutrition est un facteur de risque indépendant d’accroissement de la morbidité et de la mortalité, quelles que soient les pathologies sous-jacentes, et même chez les sujets en surpoids ou obèses. Le risque de chutes, de fractures, d’hospitalisation, d’infections nosocomiales, de dépendance et de décès est augmenté. La première étape consiste en un dépistage le plus précoce possible. Un bilan sanguin est réalisé dès l’entrée d’un résident puis tous les 6 mois, le taux d’albumine étant un indicateur de dénutrition. Un suivi mensuel du poids permet d’objectiver une perte insidieuse et peut être plus fréquent lors du constat d’une anorexie (perte d’appétit) chez un résident. Le regard croisé de tous les collaborateurs accompagnant au quotidien vos proches est alors primordial. L’origine d’une anorexie est multiple. L’équipe médicale et infirmière va éliminer toute cause organique (infection, problème de transit intestinal, douleur …) et psychique. Une évaluation des troubles de la déglutition est faite par les maîtresses de maison et la psychomotricienne afin d’ajuster la texture alimentaire et hydrique au plus près des capacités de chaque résident, à l’entrée et réévaluée dès que nécessaire. L’arrêt spontané d’alimentation est fréquent lorsqu’une personne se sent en difficulté face à une texture trop complexe ou peu appétante pour elle. La cuisine propose alors le menu dans la texture adaptée (normale, hachée, moulinée, mixée ou semi-liquide) et enrichie. Le passage à une texture modifiée peut être ponctuel, le temps qu’un résident récupère d’une pathologie transitoire, ou bien signe d’une progression d’une apraxie de déglutition. Le personnel présent lors des repas est également vigilant aux interactions entre résidents, ainsi qu’au maintien de la plus grande autonomie lors d’une majoration des difficultés gestuelles (apraxie, trouble de l’initiation du geste …). Ce travail quotidien des équipes a été salvateur au plus fort de l’épidémie de covid, merci à elles !